Communauté sourde

Les personnes sourdes forment une communauté, au même titre que d’autres regroupements de personnes qui partagent une même langue et une même culture. À ce titre, Carol Padden reformule la définition de communauté en dérivant le concept de communauté sourde : «Une communauté sourde est un groupe de personnes qui vivent dans un endroit géographique particulier, partagent les objectifs communs de ses membres et, de diverses façons, travaillent à l’atteinte de ces objectifs. Une communauté sourde peut inclure des personnes qui ne sont pas elles-mêmes sourdes, mais qui appuient activement les objectifs de la communauté et travaillent avec les personnes sourdes à la réalisation de ces objectifs.»

Une convention adoptée par de nombreux chercheurs dans le domaine ethno-linguistique désigne le mot Sourd, avec un S majuscule, comme faisant référence aux personnes ayant en commun une identité culturelle, une langue et une histoire. Le mot sourd écrit avec la minuscule quant à lui fait plutôt référence à la condition physiologique de la personne.

Comme le disait si bien Véro Leduc, directrice générale du Réseau québécois pour l’inclusion sociale des personnes sourdes et malentendantes (ReQIS), en entrevue radiophonique à l’émission Les Éclaireurs de Radio-Canada , «être Sourd n’est pas une question du degré de perception des sons, c’est une question d’identité (versus le terme malentendant). Les personnes sourdes signeuses manifestent positivement leur appartenance culturelle et linguistique en ne réduisant pas leur identité à une déficience auditive.»*

Au Québec, bien que les données restent approximatives puisqu’il est impossible de les dénombrer, le ReQIS estime qu’il y aurait environ 7 500 personnes sourdes qui communiquent en langue des signes.

* ici.radio-canada.ca, Les éclaireurs, Entrevue: Quand l'accessibilité tombe dans l'oreille d'une sourde, (2016). Récupéré le 14 septembre 2016 de lien http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-eclaireurs/saison-2014-2015-les-eclaireurs/segments/entrevue/6343/surdite-vero-leduc-langue-des-signes